Solitaire, patience, réussite : de quoi parle-t-on ?
En France, quand on dit « solitaire », on pense presque toujours à ce jeu-là : sept colonnes, une pioche et quatre piles à monter de l'As au Roi. Son vrai nom est Klondike, mais c'est la version de Windows, baptisée simplement « Solitaire », qui l'a rendu célèbre chez nous.
Patience est le terme générique : il désigne tous les jeux de cartes qui se jouent seul, du Klondike au FreeCell. Réussite est le mot de nos grands-parents. On « faisait une réussite » le soir, parfois pour se tirer les cartes : si le jeu sortait, le vœu se réaliserait.
Rien à voir, en revanche, avec le solitaire en bois, ce casse-tête où chaque bille en saute une autre jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'une. Ici, on parle bien du jeu de solitaire à 52 cartes.
La mise en place : 7 colonnes, une pioche, 4 fondations
On joue avec un jeu de 52 cartes, sans joker. Vingt-huit cartes sont distribuées en sept colonnes : une dans la première, deux dans la deuxième, et ainsi de suite jusqu'à sept. Seule la dernière carte de chaque colonne est visible.
Les 24 cartes restantes forment la pioche, face cachée. Celles que vous retournez s'empilent à côté, sur le talon (certains disent la défausse). En haut, quatre emplacements attendent les fondations : une pile par couleur, pique, cœur, carreau et trèfle, à monter de l'As au Roi.
Les règles du solitaire, point par point
Le but : envoyer les 52 cartes sur les fondations. Voici ce qui est permis.
- Dans les colonnes, on descend en alternant rouge et noir : un 9 de cœur se pose sur un 10 de pique ou de trèfle.
- On déplace une carte seule ou toute une suite bien ordonnée.
- Une carte face cachée qui se retrouve découverte se retourne automatiquement.
- Une colonne vide n'accepte qu'un Roi, seul ou avec la suite qui descend de lui.
- Sur les fondations, on monte par couleur, une carte à la fois, de l'As au Roi.
- Une carte des fondations peut redescendre dans une colonne si besoin.
- Un clic sur la pioche retourne une ou trois cartes sur le talon, dont seule celle du dessus se joue.
- Pioche vide ? Un clic retourne le talon pour en refaire une pioche, autant de fois que vous voulez.
Solitaire 1 carte ou 3 cartes : deux jeux différents
En tirage à une carte, vous voyez chaque carte de la pioche à chaque passage. Rien ne reste coincé et l'on peut presque tout planifier : c'est la version la plus détendue, et celle du défi du jour.
En tirage par trois, la pioche retourne trois cartes d'un coup et seule celle du dessus est jouable. Les deux autres restent prisonnières tant que vous n'avez pas joué la première. C'était le réglage par défaut du vieux Solitaire de Windows, et c'est nettement plus exigeant : une même donne peut se gagner en 1 carte et se perdre en 3.
L'astuce à connaître : chaque carte jouée depuis le talon décale les paquets suivants. Une carte qui vous échappe tour après tour peut ainsi apparaître au passage d'après.
Temps et coups : comment on compte ici
Pas de score à points façon Windows. Velvet Solitaire mesure deux choses : le temps et le nombre de coups. Chaque déplacement de carte ou de suite compte pour un coup, comme chaque clic sur la pioche et chaque retournement du talon.
Vos statistiques suivent, jeu par jeu, les parties jouées et gagnées, le taux de victoire, les séries, le meilleur temps et la partie la plus économe en coups. Si le chrono vous stresse, masquez-le dans les paramètres.
10 conseils pour gagner plus souvent au solitaire
La chance compte, mais beaucoup de parties se perdent sur un coup joué trop vite.
- Regardez toute la table avant de jouer. Repérez les As et les 2 visibles, et les colonnes qui cachent le plus de cartes.
- Découvrez d'abord les grandes colonnes. La septième cache six cartes. Entre deux coups équivalents, jouez celui qui retourne une carte.
- Préférez le tableau à la pioche. La pioche repassera, alors qu'une carte cachée sous une colonne ne se libérera pas toute seule.
- Videz une colonne quand un Roi attend. Sinon, mieux vaut parfois laisser les cartes en place : elles servent encore d'appui.
- Choisissez bien votre Roi. Si une Dame de cœur attend sur le talon, placez un Roi noir dans la colonne vide, pas le Roi de carreau.
- Ne montez pas trop vite sur les fondations. Un 6 de pique peut encore accueillir un 5 rouge. Il part sans risque quand les deux 5 rouges sont déjà montés : c'est la règle du déplacement automatique.
- Entre deux cartes jumelles, prenez celle qui libère. Si deux 8 rouges peuvent aller sur le même 9 noir, déplacez celui qui découvre une carte cachée.
- Ne déplacez pas une suite pour le plaisir. Passer un Valet d'une Dame rouge à l'autre ne sert que si cela découvre quelque chose.
- En tirage par trois, faites un tour de repérage. Parcourez la pioche une fois avant de vous engager : les passages sont illimités.
- Servez-vous de l'annulation pour apprendre. Quand une partie se bloque, remontez quelques coups et essayez une autre piste.
Toutes les donnes de solitaire sont-elles gagnables ?
Non, et c'est ce qui fait le sel du jeu. Certaines donnes sont perdues d'avance : aucune carte utile n'apparaît, même en retournant toute la pioche.
Des chercheurs ont étudié la question avec des programmes qui voient toutes les cartes, faces cachées comprises. Avec ce privilège, leurs estimations tournent autour de huit donnes sur dix gagnables en tirage par trois, et davantage en tirage à une carte. Un joueur, qui ne voit pas sous les cartes, gagne forcément moins souvent. C'est pourquoi chaque donne Klondike du défi du jour est vérifiée par un solveur : vous savez qu'une solution existe.
Un peu d'histoire : de la ruée vers l'or à Windows
Les premières descriptions connues de jeux de patience remontent à la fin du XVIIIe siècle, en Europe du Nord. Au XIXe siècle, la patience devient un passe-temps de salon en France comme en Angleterre, où le mot français a été adopté tel quel. Plusieurs patiences portent le nom de Napoléon, mais rien ne prouve qu'il y ait joué à Sainte-Hélène.
Le nom Klondike renvoie à la ruée vers l'or du Yukon canadien, à la fin des années 1890. On raconte que les chercheurs d'or y jouaient, sans que personne ait pu le vérifier.
L'explosion date de 1990 : Microsoft glisse dans Windows 3.0 un Solitaire programmé par un stagiaire, Wes Cherry. Le jeu devait aussi apprendre à manier la souris en faisant glisser les cartes. Qui n'a jamais guetté la cascade de cartes rebondissantes qui saluait chaque victoire ?
Ce que vous trouvez sur Velvet Solitaire
- Tirage par 1 ou 3 cartes, pioche illimitée, annulation illimitée et indices.
- Les cartes sans risque montent seules (option désactivable) et la fin de partie se joue d'un geste.
- Glisser-déposer, ou un simple toucher : la carte file vers la meilleure place.
- Des donnes numérotées, à rejouer ou à partager avec un lien.
- Plusieurs tapis et dos de cartes, un mode sombre et des raccourcis clavier.
- Un défi du jour avec un classement où chaque victoire est vérifiée.